Presse “
Alter Business News” nr 109 du 07 au 21/02/06
Emile ou le concept « Tupperware » au
service du commerce équitable
En matière de
vente à domicile, tout le monde connaît les fameux Tupperware, il va désormais
falloir compter avec Emile ! Ici point de boîtes en plastique, on ne vend
que de l’équitable.
Le principe est
simple : il s’agit de faire découvrir des produits issus du commerce
équitable et éthique - objets artisanaux de décoration en pierre, bois,
céramique, verre, art de la table, tissus, etc. - développés par des artisans
du sud à un public non averti lors d’une réunion conviviale chez un
particulier. À la différence d’Oxfam, avec lequel Emile partage la même
centrale d’achat pour une grande partie de ses produits, aucune boisson,
nourriture ou cosmétique ne sont proposés.
Le concept d’Emile va au-delà de la simple vente : « Nous avons
aussi une mission de sensibilisation, explique Mélinda Servais, une des
fondatrices d’Emile. Nos ambassadrices accompagnent la vente d’une information
complète sur le commerce équitable et les produits. Elles expliquent d’où
viennent les objets… Elles précisent aussi comment l’argent sera réinvesti sur
place. ».
C’est fin juin qu’Emile a vu le jour en Wallonie et à Bruxelles. L’entreprise a
le statut de coopérative et est soutenue par la Région wallonne via sa
compétence « Promotion de l’emploi pour la femme ». Elle a
recruté ses cinq responsables régionales. Celles-ci, au terme d’un programme de
formation, ont entamé leurs premières réunions à domicile, début septembre.
Elles doivent maintenant recruter, chacune des ambassadrices qui, à terme,
feront elles-mêmes le travail de terrain, en tant que
commissionnairesoccasionnelles.
Le projet Emile est né de la collaboration de deux personnes nourries
d’expérience professionnelle et personnelle complémentaire, Mélinda Servais,
fonctionnaire attachée au ministère des Finances, actuellement en pause
carrière et Jean-Marc Richir, qui possède sa propre entreprise de vente à
domicile et a collaboré en d’autres domaines avec de nombreuses ONG dont Oxfam.
Une volonté commune les anime : être une entreprise marchande « différente » :
« Si le commerce équitable est une des plus-values d’Emile, notre
volonté est aussi de mettre en œuvre une vraie stratégie marketing,
fondamentale pour le développement de la coopérative et de son
auto-financement. Il faut rappeler qu’Emile vise à contribuer de manière
récurrente au développement des populations précarisées du Sud. Nous faisons
certes de l’économie sociale, mais nous sommes aussi une vraie entreprise
marchande ».
Enfin, pour ceux qui se demanderaient pourquoi « Émile »,
voici une petite explication : en 1762, Jean-Jacques Rousseau, écrivain et
philosophe, rédige Emile ou de l’éducation. Dans ce récit, il ose l’idée
que l’homme est naturellement bon, que c’est la société qui le corrompt et le
dénature…
BIZZ no 66
avril 2006 – www.bizzmagazine.be
